V. Après la Résistance 

3. Se souvenir aujourd'hui

Ce passé douloureux, ils sont de moins en moins nombreux à le partager. 

Après plus d'un demi siècle écoulé les survivants de cette période s'éteignent au il des années, bientôt il n'y aura plus de témoins pour rappeler la lutte des hommes de toutes nationalités contre le nazisme et ses sbires.
La mémoire de ceux qui sont morts pour sauvegarder la liberté, l'indépendance d'esprit, la morale, quelles que soient leurs origines et leur nationalité doit être conservée ,  sauvegardée et transmise aux jeunes générations.
Nous nous battions, nous Français pour défendre notre terre, notre Patrie attaquée et pillée, nos idées. Ces étrangers, ces amis de combat, ces frères, loin de leur Patrie, pendant que leurs familles souffraient, étaient déportées, exécutées, combattaient uniquement pour LA LIBERTE . 1

1997 est une année particulière puisque l'Union européenne a décrété que ce serait une année contre le racisme. Les initiatives se sont donc multipliées  pour rappeler que des étrangers ont combattu à nos côtés.

Ainsi, à Paris, dès le 25 août, une cérémonie a célébré les étrangers morts pour la France pendant la deuxième guerre mondiale.

A Villeurbanne, le samedi 27 septembre 1997, un hommage solennel a été rendu à l'armée polonaise de la dernière guerre. L'Association des Anciens Grenadiers de la I ère Division Polonaise - Anciens Combattants Résistants a pris l'initiative d'obtenir de la Ville de Villeurbanne que le nom d'une place soit donné en hommage aux combattants polonais qui ont continué à se battre sur tous les fronts contre le Reich nazi.  

Cinquante ans après la fin des hostilités, beaucoup de gens ignorent encore que les polonais ont combattu en France et ont participé à la libération de Lyon.
Cinquante ans après, il faut que leur mémoire et leur combativité durant la guerre ne tombent pas dans l'oubli. un pays qui perd sa mémoire est un pays qui meurt. 2

Toutes ces actions au service du souvenir ne sont pas inutiles à une époque où les théories racistes connaissent un nouveau souffle.

Et pourtant à l'heure où des slogans infâmes parlent du pain que les étrangers viennent manger en France, peut-être faudrait-il se souvenir qu'il est arrosé de sang ; ne serait-ce que dans ce petit groupe de la guérilla urbaine où plus de quatre-vingt-dix d'entre eux, étrangers pour la plupart, sont morts pour la France, leur patrie d'adoption. 3

Il était nécessaire, pour la mémoire, que les combats qui furent efficaces et les sacrifices qui furent grands soient rappelés à une époque où les nostalgiques du nazisme et du vichysme s'efforcent de travestir l'histoire. Parce que nous sommes dans un moment où la crise alimente le racisme, la xénophobie, l'antisémitisme, il est plus que jamais nécessaire de rappeler ce que la France doit à ses milliers d'hommes et de femmes venus d'ailleurs. 4

La rue se souvient des étrangers dans la résistance. 
Villeurbanne.

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notes:

1. A. Brurguerolle Colloque de mars 1997
2. Edouard Renn. Le résistant du Rhône. 1996
3. Témoignage de Henri Krischer (membre de Carmagnole - Liberté) 
4. Robert Chambeiron. ANACR

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