IV. Beaucoup d'entre eux sont "Morts pour la France" 

2. "Vive la France"

L'arrestation conduit souvent à la torture et à la mort.

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Marianne Cohn est née le 17 Septembre 1922, elle est la fille d'un commerçant de Mannheim en Allemagne. Elle passe son enfance à Berlin mais la famille est contrainte d'émigrer à cause des persécutions contre les Juifs. Ils s'enfuient à Barcelone, puis passent en France en 1938. Le père est placé dans un camp d'internement après l'occupation par les troupes allemandes. En mai 1940, elle adhère au « Mouvement de la jeunesse sioniste » (MJS). Elle réussit à sauver de nombreux enfants juifs en les faisant passer en Suisse. En mai 1944, elle est arrêtée par la Gestapo près d'Annemasse. Après de longs interrogatoires et de terribles tortures, elle est abattue par la Gestapo le 8 juillet 1944 sans avoir parlé.

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Lauro Tassile, un Italien des maquis de Haute-Savoie est arrêté et torturé. Il est fusillé à Sévrier. Jean Vittoz témoigne :

« Mon épouse, internée à la même époque, a entendu dire par plusieurs G.M.R du peloton d'exécution, qu'ils n"avaient jamais vu mourir quelqu'un aussi courageusement, au chant de la Marseillaise et criant "Vive la France!". Quelle belle leçon de courage à livrer à la méditation de la jeunesse et aux apprentis racistes, aux anti-ceci ou anti-cela.»1
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De nombreux Polonais ont aussi été arrêtés, torturés, fusillés, déportés. dans notre région, la libération de Lyon et de Villeurbanne a été marquée par la vengeance de l'ennemi. Des Polonais arrêtés ont ainsi été fusillés à St-Genis-Laval, à Rilleux, à Bron...

« ... parmi les victimes se trouvent deux de mes professeurs pris dans le Vercors, emprisonnés après interrogatoire au fort Montluc et exécutés à Bron.»2
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La liste des immigrés Morts pour la France est longue. Citons quelques exemples parmi beaucoup d'autres :

- Maurice Korsek est un polonais de 20 ans qui résiste dans le Sud de la France. Arrêté en juin 1943, il préfère se suicider en se jetant de la fenêtre de la Gestapo pour ne pas trahir ses camarades.

- Jaëlle Simma est d'origine russe. Elle devient membre du service de renseignements du Sud-Est. Elle est arrêtée et étranglée en février 1944.

- Bruno Ratti est un résistant italien des Alpes-Maritimes. Il est interrogé pendant plusieurs semaines par la police. Il ne dit rien. C'est aveugle qu'il est conduit devant le peloton d'exécution.

- Ignasiac est un polonais qui fait partie des fusillés de Nantes d'octobre 1941. Comme ses compagnons morts le même jour, il crie «Vive la France » avant de mourir.

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Jan Doornik, citoyen néerlandais, avait choisi de combattre aux côtés de la France.

"Lieutenant des F.F.L., il est parachuté secrètement en France. Assisté de son frère Yves, il parcourt la France en tous sens et crée un réseau d'espionnage qui porte le nom de Nemrod et qui se compose d'une trentaine d'agents dont le lieutenant Maurice Barlier et le lieutenant de vaisseau Honoré d'Estienne d'Orves, ses plus fidèles compagnons de combat.
C'est au début de l'année 1941 que les trois hommes tombent aux mains de la Gestapo. après un procès devant une cour martiale allemande, ils sont condamnés à mort le 27 mai et fusillés le 29 août au Mont Valérien.
Après avoir demandé à entendre la messe dans leur cellule la veille de leur exécution, un véhicule de la Wehrmacht les emmène au Mont-Valérien, assis sur leur cercueil.
A peine crié le "Vive la France" d'Honoré, c'est le tour de Maurice puis celui de Jan, qui est exécuté le dernier.
Ces trois héros ont obtenu le privilège non seulement de n'avoir ni les mains liées ni les yeux bandés, mais encore de commander le feu au peloton qui devait les exécuter." 3

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notes:
1. Jean Vittoz. Sur la Grand' Route de ma vie
2. Edouard Renn. FARAC-info Septembre 1 997
3. Hommage à Jan Doornick. Allocution de M Jean Tibéri, Maire de Paris. Le Déporté. Octobre 1997.

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