III Quelques noms, quelques récits

6. Des  Bulgares, des Hongrois, des Roumains, des Tchèques

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Hélène Mabilie

Ses parents, juifs, avaient émigré vers 1912-1913 fuyant l'Europe centrale et les pogroms. Lui venait de Roumanie, elle de Lettonie. Ils s'étaient rencontrés et épousés à Paris, où Hélène Mabille naquit en 1917. C'était une famille pauvre qui vivait non loin de la rue des Rosiers. En 1935, Hélène rencontre les Jeunesses Communistes et participe à leurs activités. En 1936, elle contribue à la création des Jeunes Filles de France. Bon nombre deviendront des résistantes. L'essentiel de leurs activités a longtemps été l'aide aux Républicains espagnols. Le groupe est conscient de militer contre le fascisme et contre ce qui se prépare déjà en Allemagne: "on savait ce qui se passait, l'antisémitisme... Il y avait des réfugiés..."

De la solidarité à la résistance.

1940 arriva. Hélène militait, tout en cachant son activité politique à ses parents pour ne pas les inquiéter. Bien qu'antifascistes, ceux-ci s'étaient rendus au commissariat de police pour se déclarer comme juifs quand le décret fut promulgué. "C'est un miracle qu'ils s'en soient sortis" s'exclame-t-elle! Hélène appartient à un groupe communiste local quand les Allemands rentrent àParis. Très vite, il s'agit de s'occuper d'organiser les jeunes en groupes armés, les futurs F.T.P. elle prend contact, dans cette perspective, avec des jeunes. L'objectif est d'organiser la lutte contre l'occupant. Ils s'occupent également de la solidarité avec les familles de prisonniers et de déportés.

Dans les usines, il fallait inciter au sabotage et Hélène distribuait des tracts.

Ravensbrück.

Elle est arrêtée en janvier 1941 chez une vieille institutrice, dénoncée par "un gars qui a craqué" lors d'un 'interrogatoire". L'interrogatoire d'Hélène est long et pénible: "Ils voulaient des noms" ... La Roquette, Mantes, Fresnes, Rennes... Elle reste de longs mois dans les prisons françaises avant d'être déportée à Ravensbrück .1

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Jordan Ovcharoff

Né en Bulgarie en 1912, fils d'un employé des postes, Jordan se distingue rapidement dans des prises de position contre les fascistes bulgares. Il participe à la guerre d'Espagne et, au retour, il est interné dans les camps d'Argelès-sur-mer et des Milles. Il s'évade en 1943 et gagne Nice où il s'engage dans les rangs de la résistance locale.

Remarqué par la police, il est envoyé à Peille pour y organiser un maquis. En juin 1944, il organise à Grasse l'évasion de 23 prisonniers qui veulent gagner les rangs F.T.P. Au jour fixé pour l'évasion, il part de Nice à bicyclette, chargé de trois mitraillettes pour armer les prisonniers. Il rencontre une patrouille allemande. Sommé de s'arrêter et dans l'incapacité de disparaître, il est abattu. Jordan, dit « Marcel », est mort pour que la France vive, pour que son pays natal, la Bulgarie, retrouve la liberté .2

Et des Turcs, des Grecs, des Yougouslaves...

Et des Arméniens....

De nombreux Arméniens ont contribué à la Résistance. Missak Manouchian, bien sûr, mais bien d'autres ont donné leur vie au combat en France: Azad Niguerresian, tué à Marseille, Nechan Dermardirossian, mort à Nice, Sarkis Bedoukian, Edmon Perian, Samoue Topalian et Veravant Kechikian, tous tués pendant l'insurrection de Marseille.

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notes
1. Elles la résistance. Mesidor. Temps actuels.
2. On les nommait des étrangers. Gaston Laroche

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