III Quelques noms, quelques récits

2. Des Espagnols

 

En France , en 1945, plus de 100 000 réfugiés espagnols participèrent à la libération du pays à l'intérieur de la 2ème D.B. et des  maquis du Vercors, du Périgord ou d'ailleurs...

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La défaite républicaine et l'exil...

"...vers cette noble terre qu'a représenté la France.

maquisards Espagnols. Alpe d'huez. Secrétariat d'Etat aux anciens combattants
Nous fuyons l'avance franquiste avec le régiment de mon mari. Nous arrivons péniblement à cause des combats vers la fin du mois de novembre 1938 à Valence. Puis vers la mi-janvier 1939, la débâcle républicaine était effective, nous quittons en catastrophe cette belle ville déjà bombardée jusqu'à Barcelone d'où nous sommes aussitôt obligés de repartir avec des milliers de pauvres gens affamés et affolés. Notre salut. c'est la frontière française.
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L
es portes de la France s'ouvrent.

L'hiver est terrible cette année-là et l'aviation franquiste et allemande nous harcèle. Fin Janvier, les autorités françaises daignent entrouvrir les portes aux vieillards, aux femmes et aux enfants. Les hommes valides sont refoulés malgré l'avance des troupes franquistes à portée de fusils. Nous parvenons harassés et à pied jusqu'au village du Boulou où nous trouvons un refuge dans un immeuble où se trouvaient déjà entassées de nombreuses personnes malgré les invectives des habitants peu humains.

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Les camps du Roussillon.

Puis nous fûmes parqués comme des bêtes nauséabondes à même le sable des plages d'Argelès sur Mer, de St Cyprien ou du Bacarès, entourés de haies de barbelés. Nous fûmes ensuite déplacés vers d'autres camps d'Ariège, puis enfin expédiés à la fin 1939 vers le département du Lot et Garonne. A la fin du mois de mars, mon mari et moi fûmes enrôlés dans une compagnie de travailleurs étrangers et expédiés à une vingtaine de kilomètres d'Auxerre. L'avancée des troupes allemandes nous oblige à repartir vers le sud avec la population française harcelée sur les routes de l'exode. Nous arrivons après de nombreuses péripéties à Montflanquin avec d'autres réfugiés espagnols, juifs et italiens.

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L'enfer concentrationnaire

En octobre 1942, mon mari fut arrêté avec d'autres guérilleros résistants par la Gestapo allemande accompagnée de la Milice française. Il fut emmené et torturé dans les prisons d'Agen et de Toulouse puis expédié vers le camp de concentration de Dachau. Il t resta plus de trois ans, ma laissant ainsi seule avec mes deux petits enfants, sans aucune famille en France et sans savoir m'exprimer. Il a échappé à la mort et avec d'autres rescapés espagnols, il nous revient en mai 1945 dans un état morbide. *

  

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* Juana Mrente . témoignage du 28/09/1996. Le patriote-résistant n°687

Mise en page par Lisa Peyrard,  Arnaud Vilain 
et Alexis Brossard 3°A - Mornant 2001

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