II Le rôle des étrangers 
dans la résistance

1. Pourquoi  combattre en France ?

Nous l'avons vu, la résistance en France n'a parfois été qu'un concours de circonstances.

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 Des étrangers qui se trouvent en France lors de la guerre entrent tout naturellement dans la Résistance pour poursuivre là le combat contre une idéologie qu'ils repoussent.  Sans doute sont-ils plus clairvoyants et plus combatifs parce que eux et leur famille savent déjà par expérience ce qu'est la dictature.

 « Pour eux, c'était l’âge de la maturité : le poète Manouchian arrivé d’Arménie, Epstein ( le colonel Gilles) issu de la bourgeoisie polonaise, Bertie Albrecht fille de banquier suisse et femme d’un homme d’affaire polonais… Bannis de leur pays ou venus de leur propre gré, les étrangers participent aux mouvements de résistance.
Le drame espagnol est pour les étrangers aussi une leçon de chose. Le fascisme pour eux c’était du vécu… Des milliers d’Espagnols croupissent dans les camps d’internement pour les punir de leur antifascisme 
Les étrangers vivent les espoirs et les drames de ceux qui les ont accueillis.  Ils s'insurgent comme eux.  Ils se battront avec eux.
Les accélérations de l'Histoire favorisent de nouveaux liens.  Elles associent les vies les plus diverses.  Les unes ont entendu prononcer Hitler en Allemand, d'autres Mussolini en Italien ou Franco en Espagnol.  Le fascisme s'identifie à Pilsudski en Polonais ou à Horthy en Hongrois.
Plus de 100 000 étrangers se portent volontaires dès 1939 pour défendre les frontières françaises, car il est temps de mettre un terme aux ambitions d'Hitler et de Mussolini.  Ils vivront douloureusement la capitulation...
Certains décideront de ne pas abdiquer.  Les feuilles ronéotypées, à l'encre mal séchée, à peine lisible... Chacun fait ce qu'il peut, où il peut le faire...
Qu'importe leurs noms et leurs origines... » 1
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Pour certains la libération de la France n'est que le premier pas vers la libération de leur propre pays.  C'est le cas par exemple de certains espagnols.  La résistance en France est la poursuite de la guerre commencée en 1936 contre Franco.  Ils créent alors des organisations spécifiques qui ont un but plus lointain : la reconquête de la démocratie et de leur pays .

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Pour d'autres, la lutte aux côtés de la France, c'est le ralliement à la patrie d'adoption, la pleine adhésion à la résistance pour les mêmes motifs que les Français.  Ils luttaient pour la patrie, celle qu'ils avaient choisie.  Au président de la Cour Martiale qui lui demandait pourquoi, étant Italien, il combattait dans la résistance en France, Spartaco Fontano a simplement répondu « pour un ouvrier, la Patrie, c'est le pays dans lequel il a trouvé du travail ». Ils ne sont pas vraiment des étrangers qui s'engagent dans la Résistance, mais des résistants à part entière qui s'engagent pour la libération du territoire adopté.  Comme les Français, ils luttent dans les réseaux, dans les maquis ou dans les formations extérieures.

Ainsi, pour les immigrés économiques, résister c'est s'intégrer à la patrie, alors que les réfugiés politiques ont un projet plus lointain qui concerne leur propre pays, encore plus évident lorsque l'on considère les militaires en transit sur notre sol.

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 Tous veulent « libérer la France, abattre le fascisme, créer un monde meilleur de Paix, de Liberté et de Justice. »

« Joseph Torralba perçoit clairement que tout patriote, toute femme et tout homme épris de liberté. la seule et unique lutte à mener en France défaite, doit lutter contre l'envahisseur et contre ceux qui veulent collaborer avec lui » 2
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Enfin, les juifs sont surtout poussés par la politique d'extermination suivie aussi par le gouvernement de Vichy.  Le port de l'étoile jaune, les rafles poussent les juifs français et étrangers de la zone nord vers Lyon.  Là des organisations d’entraide se sont mises en place pour leur procurer des papiers, un travail, un logement… certains rejoignent les organisations de résistance : résister , c’est résister pour la survie de leur peuple.

Dora Schaul

« Ne dites pas que j’ai été une femme extraordinaire. C’est la vie, ce sont les circonstances qui te façonnent. Ce que j’ai fait, d’autres l’auraient fait dans des situations analogues.
Quand en 1940, l’armée allemande a envahi la France, ce n’était pas mon armée qui arrivait. J’ai affronté la difficulté.
Etre juive et allemande comportait des risques
Mais la passivité n’engendre pas la sécurité. Autour de moi, dans ma famille, ceux qui sont restés passifs ont disparu… »  3

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1. On les nommait des étrangers. Gaston Laroche 
2. d'après un article de R.Nodot
3. On les nommait des étrangers. Gaston Laroche 

 
Mise en page par Lisa PEYRARD, Arnaud Vilain 
et Alexis Brossard - 3A - 2000  

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