III Quelques noms, 
quelques récits

Légion - Eluard

1. Des Allemands et des Autrichiens

 
"Quand en 1940 l'Armée allemande a envahi la France,
 ce n'était pas mon armée qui arrivait" 
Dora Schaul
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Les Allemands et la France

La France a accueilli après 1933 les réfugiés politiques allemands. Mais ils se heurtent à une attitude hostile car leur pays est considéré comme l'ennemi héréditaire du nôtre.

En Septembre 1939, le gouvernement français exige qu'ils soient réunis dans des camps de rassemblement. Là Les conditions de vie sont très mauvaises. Chaque victoire de la Wehrmacht aggrave leur situation et la méfiance de la population et des administrations. La convention d'armistice prévoyait de livrer tous les Allemands; elle signa l'arrêt de mort de nombreux réfugiés. Pourtant  certains parviennent à s'échapper et à rejoindre la résistance. 1

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Théo

Des brigades internationales...

En 1933, Théo habite Hambourg où son père est docker. En 1935, lorsque le service militaire obligatoire est institué, il est mobilisé et rencontre Albert Schreiber, un jeune communiste qui devient son meilleur ami.

En 1936, Théo est désigné pour aller combattre en Espagne, dans la "Légion Condor" aux côtés de Franco. Avec Albert, il profite d'une permission pour s'enfuir. Ils veulent bien aller en Espagne mais pour se battre contre les nazis.

Expulsés de Tchécoslovaquie où on ne veut pas croire qu'ils sont antinazis, ils traversent l'Autriche et parviennent à passer la frontière suisse de nuit.

Bientôt Théo et Albert sont à Paris et ils partent dans les brigades internationales en Espagne. Albert est tué et Théo revient grièvement blessé à Paris en 1938.

 

... à la Résistance en France

En 1940, avec d'autres camarades de l'immeuble qu'il habite, il diffuse des tracts clandestins du Parti Communiste contre l'occupant nazi.

Le colonel Dumont qui le connaît depuis l'Espagne pense à lui pour le "laboratoire" et le dépôt d'armes. En août-septembre 1941, il lui dit : "Tu sais, Théo c'est un camarade sérieux, Un gars comme il nous le faut. Il impose la discipline et il est attaché aux règles de la clandestinité car il a connu déjà la répression en Allemagne."

C'est de chez lui que France Bloch fabriqua les premières bombes de l'O.S.

Après les arrestations de 1941, Théo part dans la Sarthe où il travaille avec "Gustave" Muller, un des dirigeants de la propagande anti-hitlérienne parmi les soldats allemands en France.

... et au maquis

Théo rejoint ensuite un maquis du Limousin et il participe à la fin de la guerre aux combats de la "poche de Royan". Sur tous les fronts, le "Comité Allemagne Libre" appelle les soldats à la lutte contre les nazis. Des artistes, des écrivains, des hommes politiques et des syndicalistes allemands lancent un appel diffusé parmi les troupes. C'est Théo qui le lit avec un haut-parleur sur tout le front de Royan

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Dora Schaul

Dora Schaul, alias Renée Fabre, est née à Berlin en 1913. L'arrivée d'Hitler au pouvoir lui fait perdre son travail: elle est juive. Elle quitte son pays et s'installe en France où elle vit difficilement comme la plupart des Allemands expatriés. Dès 1937, elle milite avec d'autres amis allemands pour alerter les français sur les dangers du nazisme.

A la déclaration de guerre en 1939, elel est internée dans les camps du sud de la France. Elle s'évade en 1942. Un contact lui permet de gagner Lyon où elle résiste au T.A. ( = Travail Allemand), une section particulière de la M.O.I. 

Les T.A. s'infiltrent à l'intérieur du dispositif allemand et renseignent la résistance. Dora par exemple signalait les mouvements de troupes et les transferts d'unités, les horaires et les itinéraires de trains à faire dérailler. ils fournissent aussi des documents indispensables aux clandestins: Ausweiss, tampons officiels, papiers divers. Ils essaient aussi de pousser les soldats allemands à la désertion en multipliant des activités de propagande.

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D'autres Allemands à nos côtés

Ainsi jusqu'en août 1944, des Allemands antinazis sont aux côtés des alliés avec les antifascistes de tous les pays

Exposés à une double menace ( la Wehrmacht et les autorités françaises), bon nombre de réfugiés allemands choississent l'action clandestine pour résister au régime de Vichy et à l'occupation allemande. Leur intégration dans la résistance s'est heurtée d'abord à l'obstacle de la langue et au déchirement de combattre leurs propres compatriotes. Plus d'une centaine d'entre eux sont tués au combat, d'autres arrêtés et déportés dans les camps de concentration.2

Peter Menden, un métallo de Cologne, participe aux combats de Paris. Il vit aujourd'hui en Allemagne mais son souvenir est resté dans le coeur des résistants parisiens.

Harold Hauser, pourchassé par la Gestapo en 1933, a dû fuir l'Allemagne comme d'autres intellectuels allemands. Il avait alors vingt et un ans. Réfugié en France, il connut la dure vie des émigrés. Il rédigea des tracts et des journaux en langue allemande que ses compatriotes distribuaient. Il fonda le journal clandestin « Volk und Vaterland » pour dresser les soldats allemands contre le régime hitlérien. Lors de la libération de Paris, il s'adressa à eux en langue allemande au micro de la Radio Française.

CARLO SCHONHAAR. En février 1934 , le père de Carlo Schönhaar communiste est assassiné par la Gestapo à Berlin. Carlo a neuf ans, il est à l'abri en Suisse chez ses grands - parents avec sa mère. Peu après ils sont contraints de quitter la Suisse et entrent en France clandestinement. Carlo poursuit sa scolarité dans le sud de la France .

En 1941, la famille vit à Paris. Carlo va au Lycée et prend contact avec la résistance Française. En mars 1942, il est arrêté avec plusieurs de ses amis Français et traduit en justice. Le groupe préparait une action contre l'exposition de la propagande nazie sur l'Union Soviétique e et a été trahi par des indicateurs de la Gestapo.

Le tribunal militaire condamne tous les accusés à mort. Le 17 avril, il est exécuté à 17 ans avec ses amis Français.

Sa mère résistante aussi sera arrêté et mise en prison 4 jours après l'arrestation de son fils. Transférée à Ravensbrück, elle sera libérée en mai 45.

WERNER FEILER Tourneur de profession, il adhère très tôt au K.D.P. Il émigre en France après la prise du pouvoir nazie et s 'engage dans les brigades internationales avec son camarade Otto Küne pour combattre aux côtés des républicains pendant la Guerre d'Espagne.

Interné au camp de Gurs, il trouve grâce à Otto Kühne un emploi aux Aciéries et Forges en hiver 1941 où de nombreux antifascistes allemands sont déjà employés. Avec eux il entre en contact avec des patriotes Français du département de Lozère .

A la mi-mars 45 Wemer et ses camarades dont Otto, entrent en clandestinité et trouvent refuge près des Maevejols où les petits maquis de Lozère ont été regroupés sous l'autorité de Montaigne . Il participe à la résistance non par les armes mais par le renseignement . Il se rend à Marseille d'où il ramène pour la résistance des renseignements sur les effectifs allemands.

Née en 1910, Irène Wosikowski est sténodactylo de métier. Dès l'âge de 14 ans, elle adhère à l' Association des jeunes communistes puis au Parti Communiste Allemand. En 1937, elle vient à Paris. En mai 1940, elle est internée au camp de Gürs d'où elle réussit à s'enfuir pour rejoindre la résistance dans le maquis. Après l'occupation du Sud de la France, elle prend contact avec des soldats allemands et tente même quelques actions de propagande contre le régime d'Hitler. Dénoncée en juillet 1943, elle est envoyée à Fresnes puis à 1 prison d'Hambourg où elle est exécutée en octobre 1944.

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1. Après la visite de l'exposition : "des Allemands dans la Résistance". Université Lyon 2
2. Barbara Vormeier, maître de conférence. Lyon 2

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et Alexis Brossard 3°A - Mornant 2001