I.  Entre les deux guerres, la France a largement accueilli des étrangers…

1. Des étrangers nombreux en 1939 

 

 La France est depuis très longtemps un pays d'immigration. Ainsi, on estime qu'environ un Français sur trois aujourd'hui a un de ses  ancêtres qui est étranger. En 1931, les étrangers étaient 3 millions.  

 a/ des étrangers venus entre les deux guerres

 En 1939, les étrangers étaient essentiellement d'origine européenne. (90%) Il y a alors 7% d'étrangers, surtout en région parisienne, dans le SUD - EST et dans le Nord. De nombreux Italiens, 1/3 des étrangers en 1939, des Espagnols, des Belges, des Polonais, quelques Allemands forment le gros de ces immigrés.

Dans la Région Rhône-Alpes, les immigrés sont alors concentrés dans la banlieue industrielle : St Fons, Villeurbanne, Vénissieux, Pierre-Bénite, Vaulx-en-velin, Oullins... Ils sont aussi très nombreux dans le Bassin de St Etienne, à Grenoble, et dans les vallées alpines et dans l'Ain. A Vénissieux par exemple, ils représentent 43,9% de la population en 1931. Ce sont surtout des Polonais des italiens des espagnols  

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 Il y a d’abord eu des raisons économiques à l’immigration

 Le besoin de main d'oeuvre est à l'origine de nombreuses migrations vers la France. Dès le Second Empire, quand la France construit son réseau ferroviaire, l'appel à l'immigration est important. Les Belges sont alors nombreux, puis les Italiens qui exercent les «sales boulots» dont les Français ne veulent plus : terrassiers, mineurs, maçons...  

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 Pendant la première guerre mondiale, la France a encouragé aussi l’immigration

 Il faut faire tourner les usines. Outre les coloniaux incorporés dans l'armée elle encourage donc les Algériens, les Indochinois à venir travailler en France : certains qui restent après la 1 ère guerre forment les premières communautés implantées dans le pays.  

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 La guerre de 14-18 a aussi provoqué une forte baisse de la population

 1,3 millions de morts souvent des hommes jeunes. La longue dénatalité ne permet pas de combler les déficits de population.

Viennent alors de nombreux Italiens, Polonais et Espagnols. Ce sont surtout les activités nécessitant une forte main - d'oeuvre qui attirent les étrangers : le textile, les houillères (Saint-Pierre-la-Palud, Saint-Etienne), la métallurgie : Aux Aciéries du Rhône à Montplaisir, 80% des ouvriers sont immigrés.

La reconstruction, le redémarrage économique d'entre les deux guerres provoquent donc un nouvel afflux comme en témoignent les dates de naissance des étrangers-résistants recensés à Lyon. Les Polonais arrivent nombreux après la 1ère Guerre, forts d'une expérience professionnelle acquise dans les houillères de Silésie. Les Italiens proches se distinguent par une solide réputation de bons travailleurs du bâtiment.  

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 Mais une partie des immigrés sont des réfugiés politiques, c’est-à-dire des étrangers faisant une demande d’immigration en invoquant leurs craintes d’être persécutés dans leur pays.

 Depuis 1917, la France accueille des « Russes blancs » qui fuient la révolution bolchevique.

Après le génocide dont ils sont victimes en Turquie, les Arméniens arrivent en grand nombre.

A partir de 1922, les Italiens, puis les Hongrois, les Roumains, les Allemands, les Autrichiens, les Juifs d’EUROPE centrale fuient tour à tour des dictatures d’un autre genre

 En 1939, c’est le tour des Espagnols.

 

B/ des étrangers qui choisissent la France entre 1933 et 1939 

 

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 Fuir l’ALLEMAGNE nazie et Hitler

 Né en Autriche, dans une famille de fonctionnaires, Adolf Hitler, orphelin très tôt, mène une scolarité médiocre. Des études artistiques se soldent par un échec, et son adolescence est marquée par cinq années de misère et de vagabondage.

Il est très vite persuadé de la faiblesse de la monarchie, du problème des nationalités et dénote une haine profonde contre les juifs.

En 1914, il s'engage dans l'armée, où il vit des heures exaltantes, qui lui apportent la gloire de l'exploit militaire : il reçoit la croix de fer.

Après la guerre, il s'engage au parti national-socialiste qu'il dirige très rapidement, grâce à ses talents oratoires. Il profite de la crise d'après guerre en 1923 et surtout de la grande dépression de 1939 pour gagner des voix aux élections.  

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 Dachau : les politiques sont les premiers exclus

 En janvier 1933, il arrive au pouvoir et commence une politique d'exclusion. Ce sont d'abord ses adversaires politiques qui sont peu à peu éliminés : sociaux-démocrates et communistes, sont les premiers internés de la dictature - Dachau est ouvert en mars 1933- et les premiers à fuir l'Allemagne.

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 La résistance intellectuelle allemande.

 Dès 1933, de nombreuses personnalités du milieu intellectuel allemand (philosophes, écrivains, savants, cinéastes... ) s'exilent. 25 000 environ choisissent la France, Patrie des Droits de l'Homme. Pour Thomas Mann « l'immigration est la voie d'un peuple devenu muet ». Il tient dans la Dépêche de Toulouse une chronique mensuelle pour continuer par l' information le combat contre le fascisme. A Paris, les immigrés allemands créent une « Société des gens de lettres en exil ». Certains comme Manès Sperber ou Hans Hartung s'enrôleront dans la Légion pour combattre aux côtés des alliés.

Les intellectuels allemands, appuyés par des écrivains français, écrivent de nombreux livres et articles en langue française. Ils veulent faire connaître la réalité du nazisme qu'ils ont fuit.

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L’antisémitisme

Vient ensuite le tour des juifs, désignés comme les responsables du chômage et de la misère. Ils sont chassés de la vie économique, de la fonction publique, puis de la société 

Dès 1933, une loi définit comme juif, les allemands ayant trois ou quatre grands-parents juifs. Les lois de Nuremberg leur retirent leurs droits civiques : les juifs ne sont plus citoyens allemands ! Devenus "races inférieures", ils sont soumis à porter un signe distinctif : l'étoile jaune, puis ils sont arrêtés, déportés et exterminés. Hitler a ainsi porté  à l'extrême la notion de racisme.

Pour lui, les aryens forment une race supérieure, dont on doit protéger l'existence et la pureté, L'Allemagne doit leur être réservée. Les races inférieures doivent donc être éliminées d'Allemagne, ce qui concerne les Juifs, les Tziganes, les Slaves…

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Une théorie qui se développe dans de nombreux pays d'Europe Centrale.

 Ces théories se sont développées en Europe au XIX ème siècle. L'exclusion se base sur des motifs religieux, et la ségrégation remonte au Moyen âge. Mais le développement du capitalisme au XIX siècle, et le développent des banques d'origine juive alimentent aussi ces poussées nationalistes. Des scientifiques mettent au point des théories racistes qui seront la base de l'antisémitisme allemand, mais qui ont conduit aussi aux idéologies racistes dans d'autres pays.

Ainsi, un peu partout en Europe Centrale, les juifs sont exclus, victimes de pogroms ou d'interdiction d'études.

Entre les deux guerres, certains viennent en France espérant y trouver l'Asile Politique proclamé dans les lois françaises.

" En 1933, j'avais vingt ans et j'étais reporter ­photographe. Trois mois après la prise de pouvoir par Hitler, mon journal m'a envoyée en Allemagne comme "touriste" pendant les vacances de pâques. J'ai connu cette atmosphère d'hystérie chauvine et raciste chez les uns, de crainte permanente chez les autres. J'ai rencontré les premiers résistants à Hitler, des militants clandestins du Parti Communiste. En cachant mon appareil avec une écharpe, j'ai pu photographier l'entrée du camp de concentration de Dachau et à travers les grillages, des détenus au camp d'Oranienburg. " 1
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1. Marie Claude Vaillant-Couturier. Elles, la Résistance.

Mise en page par Lisa PEYRARD - 3A - 2001  

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