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Les prisonniers de guerre allemands
Les prisonniers de guerre allemands
 



 
 

samedi 22 février 2003 par Evelyne Marsura

Les bombardements de l’été 44 ont laissé de nombreuses familles sans abri, certains quartiers étant en grande partie détruits. Des centres d’accueil les logent provisoirement, des bons de secours leur sont attribués et la nouvelle municipalité distribue vêtements et repas gratuits dans l’urgence.

Le problème prioritaire reste celui du relogement. Au 22 septembre, il y a 207 familles sans abri. Le Comité de Libération décide rapidement de la construction de baraquements dans l’attente d’une reconstruction des immeubles détruits. Des "Chalets des Sinistrés" sont construits le long du Gier. Provisoires, ils n’ont été détruits que dans les années soixante, après avoir accueilli aussi les rapatriés d’Algérie.

W.S. a 17 ans en 1942 quand le Reich le mobilise. Après une affectation de quelques mois en Pologne, il est envoyé à l’été 1943 dans une unité de flak du Grau du Roi, non sans une certaine chance puisque ses camarades dirigés sur le front russe ne sont pas revenus.

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1944. Le Grau-du-Roi. Collection W.S.© E.Py. 2003

A la mi-Août 1944, le débarquement en Provence conduit à la retraite les unités du Sud de la France. Pour le jeune soldat de 19 ans, c’est surtout l’angoisse des mitraillages alliés . "Nous roulions la nuit et la journée, nous cachions les camions sous les arbres en attendant les ordres éventuels des officiers qui passaient. La faim... nous n’avions rien à manger et il fallait chercher de quoi caler l’estomac." On dort quelques heures à peine... quand on peut.

Après trois semaines d’une lente remontée de la vallée du Rhône, il est finalement fait prisonnier à Villefranche-sur-Saône avec des centaines d’autres soldats. Affecté avec une soixantaine d’autres prisonniers à Givors, il participe à la reconstruction de l’agglomération durement éprouvée par les bombardements.

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1945 : construction des chalets des sinistrés par des prisonniers de guerre allemands © Archives municipales de Givors

Plusieurs entreprises de l’agglomération ont reçu ainsi un contingent de prisonniers de guerre.

Certains prisonniers de guerre ont participé au déminage des berges du Rhône. W.S. m’explique : "On nous a fait des propositions de travail de déminage ou de départ en Indochine. C’était du volontariat avec la promesse d’être libérés plus tôt pour ceux qui acceptaient. J’ai toujours refusé... comme le travail dans les mines. "

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Un groupe de prisonniers de guerre employés au déminage à Grigny . Collection Raymond Puget. © E Py . 2003

La précision des souvenirs et les images évoquées ne trompent pas : longtemps, souvent, l’homme a repensé à ces années de jeunesse où il s’est trouvé pris dans la tourmente déclenchée par la folie nazie. A 17 ans, quand on est né sur le sol allemand, on est pris aussi dans les engrenages. Il est difficile d’échapper à un destin. 60 ans c’est si loin désormais. La mémoire de la guerre, c’est aussi ces jeunesses gâchées de l’autre côté, ces vies durablement hantées par la mémoire d’avoir été dans le "mauvais camp".

J’ai recueilli ce témoignage livré pour la première fois avec le sentiment très fort qu’on m’offrait quelques brides d’un passé qui n’est pas passé et une émotion réelle, difficile à expliquer et à faire partager.



 

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