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Louis Guillaumond
Louis Guillaumond
 


HOMMAGE A LOUIS GUILLAUMOND.
Texte d’Yves Delorme. Momant le 8 mai 1998

 
 

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Louis Guillaumond

Je viens t’annoncer la très grave résolution que je viens de prendre. Je viens de m’enrôler dans les Forces Armées de la Résistance. J’ai demandé conseil, j’ai bien réfléchi et je suis certain de m’être engagé dans la voie de l’honneur.

La jeune fille

Louis Guillaumond, quand tu écris ces lignes, tu as vingt-cinq ans. Nous sommes en 1943, tu as fait la guerre et connu la défaite. Tu es le seul garçon d’une famille de quatre enfants. A Sainte-Sigolène, ton village. Ton père est très présent dans la vie associative. Tu as fait tes études au Collège d’Yssingeaux. Tu es un membre actif de l’équipe de foot. Tu joues aussi au théâtre. Dans une reconstitution de la Passion, tu incarnes le Christ. Le spectacle est donné une dizaine de fois et il te laissera un surnom : le "Petit Bon Dieu".
Ce souvenir te fait un peu sourire ! .. .

Louis Guillaumond

Je l’avais oublié.

La jeune fille

Lorsque la guerre éclate, tu es mobilisé dans la défense contre avions. Tu connais l’humiliation de la défaite. A ton retour au village tu as l’amer sentiment d’avoir été trahi.
Tes parents sont commerçants, tu travailles avec eux.
Dans cette période où les plus lucides doutent et cherchent, tu es habité par le besoin d’agir. Ton métier te conduit à voyager. Tu rencontres des gens, tu noues des contacts. Un de tes amis, Jean Fayard, cherche comment prendre sa part dans une action qui pourrait sortir le pays d’une situation qui lui paraît inacceptable.
Tous les deux, dans le courant de l’année 1943, vous vous engagez dans la Résistance.
Tu veux prendre les armes. Tu vas faire la guerre. Mais tu ressembles encore à un adolescent.
Tu sais ce que c’est la guerre ? ...
Des jeunes gens qui s’entre-tuent !

Louis Guillaumond

Tu sais ce que c’est l’occupation d’un pays par une armée étrangère ? ... L’oppression, la brutalité, l’étouffement de la liberté !. . . Et le nazisme ? . . . La négation de la fraternité des hommes.

La jeune fille

As-tu pensé à ceux qui t’aiment ?

Louis Guillaumond

Mon départ a causé certainement une grosse peine à nos parents, mais je ne pouvais pas me dérober à mon devoir."

La jeune fille

C’est vrai, tu oses dire NON, alors que beaucoup se résignent à subir une loi inique. Et je ne parle pas de ceux qui contribuent à la faire appliquer.
Tu fais le choix de devenir un hors-la-loi.

Louis Guillaumond

On nous appelle des terroristes ! . . . On peut être arrêté . , . et torturé.
Nous appartenons à un groupe de résistants qui s’appelle BIR-HAKEIM, tu sais la victoire des Français en Libye. . . J’ai changé de nom, on m ’appelle désormais Gustave . . .
Tu sais comment nous avons rejoint la Résistance ?

La jeune fille

Quand on a dit à tes compagnons que ton nom serait donné à une rue de Mornant, ils nous ont raconté. Jean Chalavon nous a expliqué beaucoup de choses, et François Cusset a écrit :
" A l’automne 1943, Marey, sachant que je connaissais bien la région de Montfaucon et ses environs, me demanda de me rendre à Saint-Sigolène pour contacter le fils des gérants du Casino et pour l’inciter à
rejoindre les rangs de l’Armée secrète, car il avait appris que son groupe de résistants avait perdu le contact avec l’organisation qui les coiffait."

Louis Guillaumond

Le fils des gérants du Casino, c’était Jean Fayard.

La jeune fille

" Je montais donc à vélo à Sainte-Sigolène, et j’y fus reçu très chaleureusement par la famille Fayard, et spécialement par Jean qui m’expliqua qu’il dirigeait, avec son adjoint Louis Guillaumond, un groupe de résistants qui souhaitait se raccrocher à une organisation de la région. "

Louis Guillaumond

C’est alors que Jean lui montra les armes dont nous disposions.

La jeune fille

" Un code fut convenu pour maintenir le contact. L’équipe de Sainte-Sigolène pouvait continuer à recruter, en attendant le moment où nous lui indiquerions où rejoindre le premier maquis de sa région. "

Louis Guillaumond

C’est ainsi que nous sommes intégrés au groupe Bir-Hakeim, lorsque nous recevons l’ordre, le 14 juin 1944, de nous installer près de Saint Romain Lachalm. Ce groupe avait depuis plusieurs années une activité clandestine très active dans le secteur de Firminy : sabotages, réceptions de parachutages...

La jeune fille

" Les gars de Sainte-Sigolène suivirent dès lors les péripéties de Bir-Hakeim, c’est à dire ses déplacements nombreux et ses actions de guerre : Pont de Lignon, Estivareilles, combats pour Lyon... "
Vos compagnons vous aimaient bien. Vous étiez courageux.
Jean Fayard sera tué au début du mois d’août. On te voit sur la photo qui accompagne son cercueil...
A la fin du mois, les Allemands remontent en déroute, la vallée du Rhône. Un détachement arrive au Pont-Rompu. Le mercredi 30 août, des combats ont lieu. Un groupe de résistants de la compagnie Cassino a lancé l’attaque. Le soir, la situation reste incertaine.

Louis Guillaumond

Cette nuit-là, j’arrive avec mes compagnons du groupe Bir-Hakeim, près de Chassagny. Tout est calme. Je prends un peu de repos dans une grange, en bas de l’église.
Au matin, nous avons reçu l’ordre de nous replier sur Mornant. Comme agent de liaison, j’enfourche ma moto et je prends la route.
Il fait beau, c’est le plein été. Les fruits finissent de mûrir...

La jeune fille


Tu ne connais pas la région.
Tu files tout droit vers le Pont-Rompu.
Un agriculteur du Logis-Neuf entend ta moto et sort de sa ferme pour t’arrêter.Il sait que l’ennemi est embusqué à quelques centaines de mètres.
Trop tard, tu es déjà passé.
Une rafale se fait entendre. Un cri...
Tu viens de rejoindre l’armée des ombres où t’a précédé ton ami Jean Fayard.
Tu deviens pour toujours un jeune homme de la Liberté.


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AFIN DE NE PAS OUBLIER

Cette année, la ville de Mornant a souhaité associer aux cérémonies officielles de la commémoration de l’armistice de la Seconde Guerre Mondiale, l’inauguration d’une rue qui porte le nom d’un jeune résistant LOUIS GUILLAUMOND. C’est en retraçant les événements survenus dans son village que Monsieur le Maire a remémoré les combats du Pont Rompu.

Ces quelques mots prononcés en présence des habitants de Sainte Sigolène et d’une nombreuse foule, s’adressaient aux générations futures, afin qu’elles n’oublient jamais ce qu’ont vécu leurs ancêtres. Donner à une rue le nom d’un jeune résistant, tombé pour sauver la France (ici LOUIS GUILLAUMOND), c’est rappeler à la mémoire des hommes ce que des gens ordinaires ont fait et donné pour restaurer la liberté.

LA CEREMONIE

Tout le monde était réuni vers la nouvelle gendarmerie. Les deux sours du jeune résistant, Lucienne et Yvonne ont coupé avec émotion le ruban tricolore qui barrait la rue. Deux anciens résistants ont dévoilé la plaque dédiée à leur ami LOUIS GUILLAUMOND. Des enfants mornantais et sigolénois ont déposé une rose, symbole de mémoire. Ce bouquet a ensuite été transféré sur la stèle du Pont Rompu, au lieu où Louis Guillaumond a été abattu. Au son de l’harmonie de Sainte Sigolène, le cortège s’est dirigé ensuite vers la salle des fêtes, où de nombreux hommages ont été rendus au jeune résistant. Les derniers moments de sa vie furent retracés par le texte d’Yves Delorme lu admirablement par deux jeunes mornantais. L’émotion était réelle et l’on voyait les larmes du souvenir et de la reconnaissance qui coulaient le long des joues.



 

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