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Les Tsiganes en France
Les Tsiganes en France
 



 
 

samedi 18 janvier 2003 par Evelyne Marsura

Entre 250 000 et 500 000 Tsiganes, sur les 700 000 qui vivaient en Europe, ont été exterminés pendant la seconde guerre mondiale par les nazis et leurs alliés. Ce génocide souvent oublié porte le nom de Samudaripen .

LEs historiens restent encore prudents et divergent sur les chiffres : les recherches récentes indiquent que près de trois mille tsiganes ont été internés dans l’ensemble de la France entre 1940 et 1946 . Toutefois, les Tsiganes français ont rarement été déportés. Quelle a été la politique à l’égard des tziganes en France ?

Un rejet antérieur à la guerre

Le rejet de la population des nomades n’est pas né avec Vichy. Les gens du voyage, terme qui désigne l’ensemble des tsiganes, font peur depuis longtemps. Dès la loi du 16 juillet 1912 ( en vigueur jusqu’en 1969 !) , la III République impose un carnet anthropométrique, accompagné de 2 photos et des empreintes digitales, visé dans chaque commune, à l’arrivée comme au départ. La volonté de constituer un fichier des nomades précède donc celle du fichier juif de 1940, mais il s’agit surtout de pousser à la sédentarisation un groupe qu’on considère plus comme marginal, instable, mal contrôlable que comme ethniquement différent. Les pancartes « Interdit aux nomades » marquent le pouvoir alors donné aux maires d’interdire le stationnement dans leur commune .

La méfiance traditionnelle à l’égard des gens du voyage se renforce avec la montée de la xénophobie dans les années trente puis la drôle de guerre. Le 6 avril 1940, un décret interdit la circulation des nomades sur l’ensemble du territoire : les nomades doivent se déclarer à la gendarmerie ou au commissariat et sont astreints à résidence dans les communes du département choisis par le préfet.

Une politique d’exclusion et d’internement

Vichy et l’occupant allemand disposent donc de lois antérieures pour mettre en place une politique d’exclusion. L’ordonnance du 4 octobre 1940 décrète l’internement de tous les Tsiganes :

1 - Les Tsiganes se trouvant en zone occupée doivent être transférés dans des camps d’internement, surveillés par des policiers français. Les détails sont à fixer par les chefs régionaux.
2 - Le franchissement de la ligne de démarcation vers la zone occupée leur est interdite par principe .

et est accompagnée d’une « définition » qui élargit la notion à tous les forains :

« Seront considérées comme bohémiens toutes les personnes de nationalité française et étrangère, sans domicile fixe, et vagabondant en région occupée selon l’habitude des bohémiens (nomades, forains) sans tenir compte si elles sont en possession d’un carnet d’identité, carnet anthropométrique ou non. »

Des l’automne 1940, les tziganes originaires d’Alsace-Lorraine sont internés dans les camps d’ Argelès-sur-Mer et de Barcarès (Pyrénées-Orientales), puis transférés à Rivesaltes . Le 25 mars 1942, est décidée la création du camp de Saliers où doivent être regroupés les nomades. En Indre-et-Loire, c’est le camp de la Morellerie qui leur est « réservé ». Au total 27 camps d’internement auraient accueillis des tsiganes en France.

Déportation et Extermination

Sur les quelque 23 000 Tsiganes recensés à Auschwitz-Birkenau, bien peu ont survécu et Birkenau ne fut pas le seul lieu de déportation et d’extermination des tsiganes. Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, les survivants du camp tsigane de Birkenau, isolé totalement du reste du camp, sont « liquidés » par familles entières. Parmi eux , les Tsiganes déportés de Belgique vers Auschwitz le 15 janvier 1944. 145 étaient Français. Ce convoi semble le seul cas connu de déportation des tsiganes en France.

Car la France et l’Allemagne ont abordé le règlement de la « question tsigane » différemment. Si en Allemagne, les Tsiganes sont arrêtés et déportés pour des raisons ethniques, la France combat un comportement, le nomadisme, et tente d’intégrer les nomades en obtenant leur sédentarisation. Cette optique française permit aux Tsiganes français, sous contrôle de Vichy, d’échapper à la déportation fatale. Elle ne leur permit pas de retrouver rapidement la liberté : en mai 1946, un an après l’arrêt des hostilités, les nomades sont les derniers internés français à quitter les camps.


A lire, à visiter :


-  Les tsiganes sous l’oppression nazie de Donald Kenrick et Grattan Puxon- Collection interface - Centre de Recherches Tsiganes- CRDP Midi-Pyrénées - 1996

-  De la " Science raciale aux camps " : les tsiganes dans la seconde guerre mondiale. - Collection interface - Centre de Recherches Tsiganes- CRDP Midi-Pyrénées - 1996

-  Les Tsiganes en France 1939-1946 de Denis Peschanski, avec la collaboration de Marie-Christine Hubert et Emmanuel Philippori, CNRS Editions, 1994.

-  La France des camps (1938-1946), Denis Peschanski, thèse de doctorat, 2000 http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/cherche/Peschan2.htm

-  Un article de Marie-Christine Hubert , publié sous le titre « Les réglementations anti-tsiganes en France et en Allemagne, avant et pendant l’occupation » dans La Revue d’histoire de la Shoah - le monde juif du Centre de documentation juive contemporaine (n° 167 de sept.-déc. 1999 « Les Tsiganes dans l’Europe allemande »).

-  Le règlement de la question tsigane en Allemagne et en France occupée,un article du Patriote Résistant d’octobre 2000, n°732,journal édité par la FNDIRP.

-  Samudaripen, le génocide des Tziganes, AUZIAS (Claire), l’esprit frappeur (20F.) , http://www.monde-diplomatique.fr/2000/10/GANDINI/14404

-  Le siècle des camps- Kotek Joël et Rigoulot Pierre- JC Lattès 2000. Chapitre : » 1933 le nazisme. » De longs développement sur le sort des Tsiganes dont la déportation est décidée en décembre 1942 .

-  Enseigner l’Holocauste au 21 siècle, Jean-Michel Lecomte http://www.coe.int/T/F/Coop%E9ration_culturelle/education/L’enseignement_de_l’histoire/Histoire_du_20e_si%E8cle/Th%E8mes_abord%E9s/Enseignement_de_l’Holocauste/HOLO_F.PDF
-  Les Tsiganes dans l’Europe allemande .EDITORIAL DU NUMERO 167, par Georges Bensoussan , http://perso.wanadoo.fr/memorial-cdjc/fr/monde167.htm

-  Colloque des historiens sur les " Gens du Voyage ". Arc-et-Senans - 12 mars 1999. http://artic.ac-besancon.fr/histoire_geographie/Documents/Coltsig.htm

-  1939-1946, France : L’internement des Tsiganes, Études Tsiganes, vol. 6 n°2/1995, http://www.chez.com/aipj/genocide_tsiganes2.htm

-  Le sort des Tziganes, par Jacques TARNERO sur le site "anti-rev.org" : http://www.anti-rev.org/textes/Tarnero95a/racismes-2.html

-  Les Tziganes en Tchécoslovaquie, http://www.memoire-net.org/ailleurs...
-  UN CAMP POUR LES TSIGANES. SALIERS. 1942-1944, Extraits du Dossier Pédagogique, Un camp pour les tsiganes. SALIERS. 1942-1944
-  deux témoignages sur l’internement des Tsiganes au camp d’Arc-et-Senans http://www.etudestsiganes.asso.fr/tablesrevue/filholvol13.html




 

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